23 mars 2008

LES ELEPHANTS DANS LA VILLE ROSE

larose

Le plus pénible lorsque l'on est militant politique, c'est que la défaite électorale n'entraîne pas la remise en question. La victoire encore moins, même si ma satisafaction de voir la gauche ravir le Capitole est entière. La campagne a été bonne, certes, mais le contexte national a évidemment joué à plein.
L'avantage avec Sarkozy, près d'un an après sa confortable victoire à l'élection pour la présidence de la République, c'est qu'il a permis à la gauche de gagner les elections municipales et cantonales sans que le Parti Socialiste se soit sérieusement remis en question. Heureusement, le congrès se profile : il se déroulera très probablement à Toulouse début novembre 2008. Ce sera donc l'occasion d'entériner :
- un projet à déclinaison locale, nationale et européenne,
- une stratégie pour convaincre les Français du bien fondé de ce dernier,
- un leader et une majorité en charge de conduire les affaires de la boutique.
Cependant, dans la période qui s'ouvre, le contexte politique et institutionnel est fait de paradoxes :

LES AVANTAGES DU SARKOZYSME
Le sarkozysme a beaucoup d'avantages pour le socialisme français. D'abord il a permis celui-ci de s'expurger de certains de certains de ses éléphants bien-pensants dans le cadre de l"'ouverture". Ensuite, l'attitude si peu présidentielle et tellement "pipolitique" du locataire de l'Elysée est en train de dynamiter pas à pas les institutions vieillissantes de la cinquième République. Enfin, la politique menée par son Gouvernement, je devrai dire "par lui", est tellement favorable aux catégories sociales les plus aisées que les catégories populaires pourraient rapidement retrouver des réflexes électoraux en faveur de la gauche. Ce ne fut pourtant pas exactement la cas lors du dernier scrutin.

LES INCONVENIENTS DU SUCCES ELECTORAL DE MARS 2008
En effet, les catégories populaires ne se sont pas tellement mobilisées à l'occasion de ses élections municipales et cantonales, en particulier dans les zones urbaines (cf. ci-contre). Les bons scores de la gauche s'expliquent en grande partie par la faible mobilisation de l'électorat traditionnel de la droite, irritée par la gouvernance "bling-bling" de Sarko and Co. Et comme à l'occasion des élections europééennes et régionales de 2004, la victoire de la gauche est résultat d'un vote de rejet par les classes intermédiares, médianes, de la politique menée par la droite.

Ainsi, si le sarkozysme devrait permettre au PS de retrouver rapidement de chemin de la cohérence et de la cohésion politiques, le danger pour lui serait de prendre son succès aux municipales et aux cantonales pour argent comptant, sans se demander si la victoire n'est pas plus le fait de la défaite et de la démobilisation de la droite que de la validation de sa stratégie politique. J'en veux pour preuve le fait que diverses villes dites "de gauche" sont restées ou passées tranquillement à droite : Tarbes, Castres, Albi, Montauban, Agen, Mont-de-Marsan...

Posté par francarbo à 19:26 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires sur LES ELEPHANTS DANS LA VILLE ROSE

  • Il me semble que..

    Il me semble qu'un facteur primordial est à règler: que chacun de tous ces prétendants hommes ou femmes mettent leur égo démesuré de coté pour travailler ensuite ensemble puis émergera naturellement, j'espère, le ou la meilleur(e).
    Si Ségolène a fait 47% aux présidentielles alors qu'elle avait contre elle toute la hiérarchie du parti socialiste, on peut se dire que si tous ces cocos et cocottes avaient travaillé ensemble ils seraient ministres aujourd'hui.
    Priorité: travailler à quelque chose qui va souder l'ensemble ....
    Quoi? si ce n'est pas un programme ce n'est de toutes façons pas en utilisant sarko comme pour ces dernières élections.
    Bon courage au militant. La ville Rose mérite à présent encore plus son nom

    Posté par marieswiss, 23 mars 2008 à 19:59 | | Répondre
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