25 mars 2008

LE SYNDRÔME DE WINNIE L'OURSON

Winnie Il y a des maladies plus graves que d'autres : celles dont on peut mourir. Le syndrôme de Winnie l'Ourson, lui, est une affection certes contagieuse mais sans danger pour le sujet. Dans ce célebre dessin animé de Walt Disney, le personnage principal est affublé d'une cervelle tellement petite que celui-ci, en se mirant dans la glaçe, s'oblige : "pense! pense! pense!". Et le narrateur de préciser que rien de bien intéressant n'en sort. Mon diagnostic est clair : le parti auquel j'adhère et pour lequel je milite depuis 12 ans est atteint du syndrome de Winnie l'Ourson. C'est à dire qu'il se donne les atours de la réflexion, qu'il se force à trouver des idées, mais qu'a l'échelle du pays pas grand chose de concret n'émerge pour incarner une alternative crédible à la droite. Pourtant, les blogs des militants socialistes sont nombreux, fertiles et dynamiques.

LA SYNTHESE C'EST BIEN, EN ABUSER CA CRAINT! Ce syndrôme a donc pour symptôme la difficulté, devenue chronique, à produire collectivement du sens politique. L'élaboration d'un projet politique alternatif à celui de la droite ne peut être la simple compilation de contributions isolées, mais doit être le résultat d'un vrai travail d'élaboration en commun. La méthode dite "de synthèse" qui s'applique de façon nocturne à chaque congrès a, ces dernières années, montré ses limites puisqu'elle n'a jamais vraiment satisfait quiconque, à part notre premier secrétaire. L'abus de synthèse tue donc la synthèse puisque celle-ci ne sert qu'à gommer toute aspérité à notre texte d'orientation. Or, c'est justement en mettant noir sur blanc nos désaccords, pour mieux les trancher, que nous pourrons gommer ce qui nous décrédibilise souvent auprès de notre électorat : les querelles personnelles fondées sur les ambitions, souvent légitimes, des une(s) et des autres.

LES CONVENTIONS C'EST BIEN AUSSI Certains cadres du PS dénoncent le fait que notre organisation n'ait pas mis en oeuvre ce que nos statuts prévoient : des conventions thématiques. En effet, les phases de convention sont des moments privilégiés où les militants débattent dans la France entière sur le même thème. En 1996, un an avant la victoire de la "gauche plurielle" aux élections législatives de juin 97, nous avions débatu et tranché les questions relatives à la réduction du temps de travail ou à la construction européenne par des conventions. Nul doute que cela nous a ouvert les portes de la victoire car nous étions prêts, dès le lendemain de la dissolution voulue par Chirac, à nous présenter devant les électeurs.

Posté par francarbo à 18:26 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

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